Panayllu

Résumé : Rassemblement annuel des tribus d’Edravorn, Panayllu est autant un lieu qu’un moment. Une combe du plateau d’Onalpita, déserte le reste de l’année, qui reprend vie une semaine chaque début de Veïapacha.

Le lieu

La combe de Panayllu s’ouvre dans le plateau d’Onalpita, à l’est des Collines de l’Écho, à quelques jours de marche d’Arkhazem. Le reste de l’année, elle est vide. Les vents d’automne balaient les herbes sèches, et il ne reste que les traces du passage : cercles de pierres noircies, structures à moitié effondrées, fragments d’installations de land art en voie d’ effacement. Certaines œuvres exceptionnelles tiennent deux ou trois ans avant de disparaître sous la neige et le gel. La combe garde ainsi une mémoire stratifiée des festivals passés, lisible pour qui sait regarder.

Le festival

Panayllu dure exactement six jours, une semaine du calendrier de Ziven. Chaque tribu d’Edravorn occupe un espace délimité, reconnaissable à ses étendards et à l’organisation de ses yourtes. Il n’y a pas de hiérarchie tribale affichée pendant la durée du festival : la règle la plus fermement tenue est l’interdiction des combats. La bière, le vin et d’autres substances circulent librement. Les vents froids du plateau et les nuits qui commencent à raccourcir donnent aux feux une présence particulière.

Des courses de chevaux informelles ont lieu dans les derniers jours, sans organisation officielle ni récompense déclarée. Rien à voir avec la course de Khareb : ce sont des défis lancés d’une tribu à l’autre, souvent après plusieurs heures de festivités.

Le dernier soir, la grande structure centrale qui reconstruite chaque année par les tribus est brûlée. Pas de cérémonie formelle. Juste le feu, et les tribus qui regardent.

Les hawapi

Les hawapi (ceux qui n’appartiennent pas aux tribus) sont acceptés à Panayllu, mais uniquement sur invitation. Chaque tribu décide du nombre de yourtes qu’elle met à disposition et du prix de l’invitation, qui varie de 10 à 150 pièces d’or. Le prix n’est pas un indicateur fiable de l’expérience : certaines tribus ne montent qu’une ou deux yourtes pour les hawapi, et une invitation à 10 pièces d’or chez une tribu fermée est plus difficile à obtenir qu’une à 100 pièces chez une tribu hospitalière. Les contacts, la réputation et les recommandations comptent autant que l’argent.

Parmi les hawapi les plus nombreux : les étudiants de l’école de musique d’Arkhazem, dont les portes ferment officiellement pendant la semaine du festival. Certains professeurs font également le voyage, officieusement.

Les bardes et les artistes

Les six soirées de Panayllu sont organisées autour des bardes : chaque tribu présente les siens et ses invités, qui se succèdent sur l’espace central. Chant, danse, jonglerie, cracheurs de feu… Les disciplines se mélangent sans hiérarchie formelle. Les bardes les plus renommés de Ziven doivent choisir entre Panayllu et les salons de Siquivorn où se tient au même moment l’anniversaire de l’Empereur. Les deux événements portent de la gloire, mais différente : Siquivorn donne des commandes et des protecteurs, Panayllu donne une réputation qui s’étend bien au-delà des steppes.

Les étudiants d’Arkhazem viennent pour se faire connaître. Certains repartent avec une invitation à chanter le lendemain soir, d’autres avec des contacts pour toute une carrière.

La journée appartient aux artistes visuels : peintres, sculpteurs, artistes de land art qui travaillent dans la combe et ses abords. Leurs installations restent sur place après le festival, exposées aux intempéries jusqu’à l’édition suivante.