Cap Poorv et Collines de Poorv
Résumé : Extrémité orientale du sous-continent, le Cap Poorv est un promontoire battu par les vents où se dresse une forteresse colossale abritant un contingent militaire commun à tous les royaumes. Les collines environnantes recèlent d’immenses gisements de charbon, exploités par les prisonniers du bagne impérial. C’est un lieu où le froid tue aussi sûrement que les mines.
Géographie
Le Cap
Le Cap Poorv marque la jonction entre l’Océan du nord et la Mer de Narvë. Ce promontoire rocheux s’avance dans les flots comme une lame de granite gris, fouetté en permanence par un vent austral glacial qui ne faiblit jamais.
- Les falaises plongent à pic dans une mer agitée où les courants se heurtent.
- Le brouillard est fréquent, rendant la navigation périlleuse.
- Aucune végétation ne survit sur le cap lui-même ; seuls les lichens s’accrochent aux rochers.
Les Collines
Les Collines de Poorv s’étendent à l’ouest du cap, succession de hauteurs pelées où rien ne pousse. Sous leur surface noire et stérile dorment d’immenses veines de charbon.
- Le paysage est lunaire : terre noire, roches sombres, ciel de plomb.
- Des galeries percent les flancs des collines, bouches béantes d’où sortent les chariots chargés de charbon.
- La poussière noire recouvre tout, portée par le vent jusqu’à Poorvichahar.
La Forteresse du Cap
Une forteresse colossale se dresse sur l’ultime promontoire, masse anguleuse de granite gris qui semble taillée dans la roche même du cap. Ses murailles semblent avoir poussé là depuis la nuit des temps.
Statut international
La forteresse abrite un contingent militaire commun à tous les royaumes du sous-continent, cas unique de coopération internationale. Cette garnison multinationale surveille les approches orientales et garantit la neutralité du site.
- Chaque royaume envoie un détachement, renouvelé tous les deux ans.
- Un Commandant de la Garde est élu parmi les officiers présents pour un mandat d’un an.
- Les décisions importantes requièrent l’unanimité des représentants royaux.
Fonctions
- Surveillance maritime : Contrôle du passage entre les deux mers, signalement des flottes étrangères.
- Centre logistique : Coordination de l’exploitation minière et du transport du charbon.
- Administration pénitentiaire : Le gouverneur du bagne réside dans la forteresse, bien que nommé par l’Empire de Siquimes.
Les Mines de Charbon
Les mines de Poorv constituent la plus grande exploitation charbonnière du sous-continent. Le charbon extrait alimente les forges, les foyers et les industries de tous les royaumes.
Organisation
- Des dizaines de galeries s’enfoncent dans les collines, certaines sur plusieurs kilomètres.
- Le charbon est acheminé par chariots jusqu’à Poorvichahar, à deux jours de marche.
- La production est supervisée par un Intendant des Mines, fonctionnaire impérial répondant au gouverneur.
Conditions de travail
Les mineurs libres sont rares. L’essentiel de la main-d’œuvre provient du bagne. Les conditions sont effroyables :
- Le froid des galeries profondes rivalise avec celui de la surface.
- Les effondrements sont fréquents ; les équipes de secours inexistantes.
- La poussière de charbon ronge les poumons en quelques années.
- Les quotas sont impitoyables : ceux qui ne les atteignent pas perdent leur ration.
Le Bagne Impérial
Origine et fonctionnement
Le bagne du Cap Poorv est une institution de l’Empire de Siquimes, maintenue sur le territoire de Skjoldyr par accord tacite avec les mages d’Arkhazem. Les condamnés de tout l’Empire y sont envoyés pour des peines allant de quelques années à la perpétuité.
- Les prisonniers arrivent par Poorvichahar après avoir transité par Dibornad.
- À leur arrivée, ils sont répartis dans des cabanons — baraques de bois aux toits de tourbe, regroupant une vingtaine de détenus.
- Chaque cabanon est placé sous l’autorité d’un chef de baraque, généralement un prisonnier brutal qui maintient l’ordre par la force.
Hiérarchie des camps
- Le Gouverneur : Nommé par l’empereur, il réside dans la forteresse et détient l’autorité suprême sur le bagne.
- L’Intendant : Administre les camps au quotidien, gère les quotas et les punitions.
- Les Gardes : Mélange de soldats impériaux et de mercenaires locaux, surveillent les entrées des mines mais rarement l’intérieur des galeries.
- Les Mouchards : Prisonniers retournés qui surveillent leurs codétenus en échange de rations supplémentaires.
- Les Mages Pisteurs : Quelques mages d’Arkhazem acceptent des contrats pour traquer les évadés grâce à leurs sorts de localisation.
Pourquoi personne ne s’échappe
Le bagne est réputé inviolable, non par ses murs mais par son environnement :
- Le froid : Sans équipement adapté, l’hypothermie tue en quelques heures.
- La distance : Deux jours de marche jusqu’à Poorvichahar, sans abri ni nourriture.
- Les loups : Des meutes rôdent dans les collines, attirées par l’odeur des camps.
- Les marécages : Au nord des collines, des tourbières traîtresses engloutissent ceux qui s’y aventurent.
- Les mages : Ceux qui survivent à tout cela sont retrouvés par les pisteurs.
Conditions de vie
- Nourriture : Bouillie claire la plupart du temps, soupe au poulet les jours fastes. Les rations dépendent des quotas atteints.
- Logement : Cabanons surpeuplés, chauffés par un unique poêle à charbon qui tire mal. Le vent s’infiltre par les planches disjointes.
- Travail : Descente dans les galeries à l’aube, remontée au crépuscule. Sept jours sur sept.
- Espérance de vie : Rares sont ceux qui survivent plus de cinq ans.
Particularités
- Prisonniers politiques : Le bagne accueille aussi des opposants à l’Empire, des nobles déchus et des témoins gênants. Certains y sont envoyés pour « disparaître » discrètement.
- Absence de surveillance intérieure : Les galeries ne sont pas gardées. Les mouchards compensent cette lacune.
- Galeries abandonnées : Certains tunnels, murés depuis des décennies, pourraient mener vers des sorties oubliées. Les anciens mineurs en parlent à voix basse.
- Tombeaux anciens : Avant les mines, ces collines abritaient les sépultures des seigneurs de guerre des steppes. Certaines galeries auraient percé ces tombeaux, libérant — dit-on — des choses qu’il aurait mieux valu laisser dormir.
Relations avec les environs
- Poorvichahar : À deux jours de marche. Tout le charbon y transite. Les convois de prisonniers en arrivent régulièrement.
- Dibornad : Port d’embarquement des condamnés venant de l’Empire.
- Arkhazem : La capitale de Skjoldyr tolère cette enclave impériale, y voyant un arrangement mutuellement profitable.